Parlez nous de votre parcours au sein de l’Erage ! 

J’ai intégré l’ERAGE qui venait à peine d’être crée en 2006, et l’on m’a rapidement confié la fonction de coordinatrice formation continue. Lorsque l’école a connu une réorganisation interne, il y deux ans, la Présidence et le Bureau m’ont proposé de prendre la direction de la formation continue. Je dois avouer que je ne m’y attendais pas. Ce n’était pas un objectif que je m’étais fixé, et c’est sans doute ce qui rend cette proposition particulièrement touchante. J’y ai vu une belle marque de confiance et je leur en suis très reconnaissante. Aujourd’hui, je mesure chaque jour la responsabilité qui m’est confiée et je suis très heureuse de poursuivre cette aventure avec la même énergie et la même envie de faire grandir l’ERAGE, dans un souci constant de satisfaire les Ordres et les avocats. 

 

Connaissiez vous le monde du droit ? 

Avant de rejoindre l’ERAGE, j’ai évolué dans des univers très différents, notamment dans la communication et l’événementiel. Avec le recul, je me rends compte que ces expériences m’ont beaucoup apporté pour professionnaliser notre travail. Elles m’ont appris à organiser, à anticiper, à créer des événements.  

Dès la création de l’ERAGE, son premier Président, Jaky Lechesne, et le premier Bureau étaient animés par une conviction forte : proposer une formation continue de proximité, au service des six Cours d’appel, qui ne soit pas perçue comme une contrainte, mais comme un moment privilégié, permettant véritablement de « joindre l’utile à l’agréable ». Cette philosophie demeure, aujourd’hui encore, au cœur de notre action.  

Nous attachons une importance cruciale à la qualité de nos formateurs et avons à cœur d’investir des lieux agréables.  

 

Vous avez donc découvert l’institution judiciaire et les avocats, quelque chose en particulier vous a étonné ? 

Comme beaucoup de personnes qui découvrent cette profession de l’extérieur, j’en avais une image assez simplifiée. J’ai rapidement compris que la réalité était tout autre. 

J’ai découvert des avocats passionnés par leur métier, mais aussi confrontés à une charge de travail considérable. C’est un métier exigeant, qui demande une capacité d’adaptation permanente. 

Ce qui m’a le plus marquée, ce sont les valeurs que porte cette profession : le sens de l’engagement, la défense des libertés, la confraternité et l’attachement profond à la justice.  

Cela donne beaucoup de sens à notre mission de formation continue.  

 

Dites-nous aujourd’hui ce qui vous plaît le plus dans vos activités au sein de l’ERAGE, ce qui constitue un de vos meilleurs souvenirs et ce qui à l’inverse vous apparait comme moins intéressant ou plus désagréable ? 

Choisir un seul souvenir serait presque impossible. En vingt ans, j’ai eu la chance de vivre tellement de moments forts que je pourrais en écrire un livre. 

Ce que j’aime avant tout, ce sont ces instants où plusieurs mois de préparation prennent vie. Lorsqu’une université ou une grande journée de formation se déroule exactement comme nous l’avions imaginée, que les intervenants sont heureux, que les participants repartent avec le sourire et un sentiment de satisfaction. C’est un peu comme lorsque le rideau tombe après une belle représentation : là, toute l’équipe sait qu’elle a accompli sa mission. 

J’aime également imaginer de nouveaux projets, faire évoluer notre offre de formation, créer des événements qui suscitent l’envie. Nous avons la chance d’exercer un métier où la routine n’existe pas. 

 Et puis et surtout, il y a les femmes et les hommes qui font l’ERAGE. Je travaille avec une formidable équipe, très investie, bienveillante et extrêmement professionnelle. Nos administrateurs sont eux aussi particulièrement engagés et toujours à l’écoute. Nos participants et nos intervenants sont particulièrement stimulants. Sans oublier le plaisir quotidien de travailler au magnifique siège de l’ERAGE ou dans des endroits de choix. 

 Les aspects les moins agréables sont finalement ceux que nous partageons tous, malheureusement : les imprévus de dernière minute et les fortes contraintes administratives qui phagocytent du temps. Et le sentiment que ce temps file toujours trop vite. J’aimerais pouvoir accorder plus de place aux échanges, qui sont toujours tellement riches.  

 

Au terme de 20 années d’ancienneté, avez-vous déjà remarqué une évolution dans la relation avec les avocats, les intervenants, les partenaires ? 

Comme dans beaucoup de professions, une nouvelle génération est arrivée avec d’autres attentes. 

Je suis également très attentive aux risques psychosociaux qui touchent de plus en plus la profession. Nous rencontrons des avocats qui exercent avec passion, mais aussi sous une pression importante. Cela nous conforte dans l’idée que la formation ne doit pas seulement transmettre des connaissances, mais aussi offrir un espace d’accompagnement, de respiration, de réflexion et de partage. 

Le paysage de la formation a lui aussi profondément évolué après la période COVID. L’offre est aujourd’hui beaucoup plus abondante, et concurrentielle pour les écoles d’avocats.  

Nous devons donc sans cesse nous réinventer, proposer des formats innovants et préserver ce qui fait notre identité : la proximité avec les barreaux, la qualité de nos intervenants et la richesse des échanges en présentiel. Nous avons aussi fortement augmenté notre offre de formation en distanciel. 

Finalement, cette évolution est aussi une source de motivation. Elle nous pousse à rester créatifs, exigeants et toujours à l’écoute des besoins de la profession et je suis très fières de nos résultats, malgré ce contexte général. 

 

Votre dernier coup de cœur ? un film, un resto, un livre … ? 

J’aime lire des romans pour m’évader et je vais très régulièrement au Cinéma. Les deux derniers films qui m’ont particulièrement marquée sont « L’Étranger » de François Ozon pour la finesse avec laquelle les thèmes de l’enfermement et de la peine de mort sont abordés 

« La Maison des femmes » m’a, lui aussi, beaucoup émue. Certaines scènes étaient d’une telle intensité que toute la salle s’est levée pour applaudir à la fin de la projection. Je n’avais jamais vu cela en dehors des avant-premières. Cela montre à quel point une œuvre et un sujet aussi important, peut rassembler et toucher profondément son public. 

 

 Votre petit truc anti-stress ? 

Je suis une inconditionnelle de la ” to-do list ” ! Elle m’accompagne au quotidien. J’aime hiérarchiser les priorités, avancer étape par étape et garder une vision claire de ce qui reste à faire. 

Et puis, je l’avoue, barrer une tâche accomplie procure toujours une petite satisfaction. Et lorsque j’ai besoin de décompresser, j’aime marcher.  

 

Pour terminer quel serait votre message aux avocats du ressort ? 

J’aimerais simplement leur dire que l’ERAGE est leur école. 

Notre ambition est de continuer à construire avec eux une formation exigeante, actuelle et utile, qui accompagne les évolutions de leur profession tout au long de leur parcours. Mais au-delà des connaissances, nous souhaitons aussi faire de chaque rencontre un moment d’échange, de réflexion et de convivialité. 

 

Myriame FATMI

Directrice Formation Continue, ERAGE / direction-fc@erage.eu